Une solitude grandissante

17.03.2006

L'AVIS DE NATHALIE TESTON, GÉRANTE DE L'AGENCE VALÉRIE DAX, À LIÈGE

« C'est un véritable phénomène de société. Alors que l'on est dans une société de communication, je pense que les gens n'ont jamais été aussi seuls que maintenant », explique Nathalie Teston, gérante de l'agence matrimoniale Valérie Dax de Liège. Rappelons que cette agence existe depuis une trentaine d'années, qu'elle dispose de 6 sièges en Wallonie et qu'elle a permis de concrétiser quelque 22.000 unions.

Le même projet de vie

« Bien sûr que des tas de personnes travaillent, ont un bon profil socio-économique, qu'elles sortent et qu'elles font du sport... Malgré cela, il est de plus en plus difficile de trouver quelqu'un qui souhaite s'engager et qui a le même projet de vie que vous », ajoute-t-elle.

Et les rencontres par internet dans tout ça? Mettent-elles en péril la pérennité des agences matrimoniales? « Nous ne nous sommes jamais aussi bien portés que maintenant. Nous pensons même nous étendre vers la Flandre », ajoute Nathalie Teston qui estime que la clientèle des sites internet et celle des agences n'est pas la même. « Les personnes qui font appel à une agence font généralement une démarche réfléchie. Elles ne viennent pas chez nous sur un coup de tête. Elles ont mûri leur idée avant de franchir le seuil de l'agence.

Certains ont déjà essayé les rencontres par internet et sont un peu échaudés. Ils veulent donc minimiser les risques.

De notre côté, nous évitons les faux profils. C'est un bon atout. Et puis, il y a un engagement financier qui fait que les gens qui viennent nous voir ne viennent pas, disons-le platement, pour une relation d'un soir ».

Combien ça coûte?

Il faut compter, chez Valérie Dax, sur un forfait annuel variant de 1.455 à 1.800 Euros. Les adhérents (dont l'agence ne souhaite pas dévoiler le nombre) ont, dans 80 % des cas, entre 30 et 48 ans. Les 25-30 ans constituent quelque 10 % de la clientèle. De même, il y a proportionnellement plus de femmes que d'hommes dans la tranche d'âge au-delà de 55 ans. « C'est normal », note la gérante. « Les femmes de cet âge-là cherchent plutôt des hommes de leur âge ou un peu plus vieux.

Par contre, les hommes dans la cinquantaine préfèrent prendre une femme plus jeune. C'est un grand classique. Ceci dit, je pense que les agences ont encore de beaux jours devant elles. Cela marche de mieux en mieux pour nous. Merci... ». L.B.
Nathalie Teston.

Source: Sudpresse.be - Vendredi 17 mars 2006