Applis de rencontres : les célibataires déçus

Applis de rencontres : les célibataires déçus
Publié le 28/01/2020

 

Applis de rencontres : les célibataires déçus… mais accros


Plus de 80 % des personnes utilisant une application de rencontres n'en sont pas satisfaites. Pourtant, la plupart d'entre elles ne peuvent plus s'en passer.


 Par Thibaut DéléazPublié le 28/01/2020 à 15:29 | Le Point.fr

 

 

Sur les applications de rencontres, plus de huit utilisateurs sur dix ne sont pas satisfaits de leur expérience. C'est le constat dressé par une étude YouGov pour l'application Once* menée auprès d'utilisateurs français, allemands et italiens, publiée ce mardi 28 janvier. Les célibataires en quête de rencontres disent être déçus par l'attitude des autres utilisateurs et l'agressivité des échanges. Pis, ils estiment y perdre leur temps.

Pourtant, les applications et les sites de rencontres n'ont jamais été aussi populaires. Plus d'un quart des Français s'y sont déjà connectés, une proportion encore plus forte chez les jeunes. Et même déçus, ils y passent encore beaucoup de temps : 67 % consacrent jusqu'à quatre heures par semaine à naviguer entre les profils des autres célibataires.


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Applications addictives
« Je ne suis qu'à moitié satisfaite, parce qu'on m'a promis que j'allais y trouver l'homme de ma vie, ce qui n'est pas le cas », explique Gaëlle**, 24 ans, qui n'a pas pour autant quitté les applications de rencontres. « Pour trouver quelqu'un temporairement, c'est pas mal », justifie-t-elle, reconnaissant également une certaine addiction à ce qu'elle voit plutôt comme un « jeu mobile ». « J'y passe une heure par jour, on devient vite accro parce qu'on a envie de voir tous les profils », acquiesce Simon, 24 ans également. Lui surfe plutôt sur Grindr, « principalement pour s'amuser », et est donc plutôt satisfait : « On peut trouver un plan cul en 30 minutes ! »


Pour ne pas être déçu du service, mieux vaut donc ne pas en attendre trop. Pourtant, près d'un Français sur deux a toujours l'espoir de rencontrer en ligne un partenaire de long terme. « On a des attentes trop élevées par rapport à ce que sont les sites de rencontres  », confirme Gaëlle. Si les belles rencontres existent, elles ne sont pas la norme. Une étude de l'Ifop, menée en 2018, révélait que 57 % des utilisateurs n'ont jamais eu de rendez-vous dans la vraie vie grâce à ces plateformes.

Photos de pénis et messages agressifs
Une grosse partie des « matchs » virtuels ne se transformeraient donc jamais en « dates  » réelles. Rien d'étonnant, selon Gaëlle : « Sur Tinder, c'est l'enfer, je reçois des insultes grossophobes ou des Salut, tu suces ? en premier contact. On ne peut plus envoyer de photos, mais dès que tu donnes ton Snapchat, il y a de fortes chances de recevoir une dick pic [photo de pénis, NDLR] sans rien demander. » Les femmes sont les plus touchées par ces comportements agressifs : une sur deux a déjà reçu une image explicite non désirée ou des messages insistants ou insultants, contre un homme sur cinq.

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Un tableau assez peu flatteur pour les applications de rencontres qui multiplient les concepts ou tentent de se renouveler pour sortir de cette spirale de déception : Tinder combat les photos non désirées, Bumble donne l'initiative aux femmes… D'autres, comme Once, préfèrent entretenir le mythe du prince charmant : l'application ne propose qu'un profil par jour à ses utilisateurs, loin de la frénésie de ses concurrents. De quoi mieux satisfaire ces célibataires en quête d'une relation durable ? Pour Simon, c'est très clair, pour maximiser ses chances de trouver l'amour, le plus sûr reste «  d'éteindre les applis et de sortir rencontrer des gens dans la vraie vie ».

*Étude YouGov Plc pour Once, menée du 14 au 16 janvier 2020 auprès de 4 076 personnes âgées de 18 ans et plus, en France, Allemagne et Italie.

**Le prénom a été modifié.

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